L’histoire de la petite souris que nous préférerons appeler ici à juste titre “ch’tite souris” fait partie intégrante de notre culture française. Nous y sommes tous passés et nous y avons tous cru lorsque nous étions de charmants bambins. Seulement nous ne sommes maintenant plus des bambins (bien que nous soyons restés très charmants 🙂 ) et nous connaissons maintenant toute la vérité quant à cette souris imaginaire…sauf son origine.

La très grande majorité des sources sur le sujet considèrent que la baronne d’Aulnoy est à l’origine de cette tradition, via un conte pour enfant qu’elle aurait écrit au XVIIème siècle intitulé “La Bonne Petite Souris”. Dans ce conte, une fée aide une reine à se venger de son méchant roi à sa manière un peu particulière: la nuit, sous l’apparence d’une souris, elle sort du dessous de l’oreiller du roi pour aller lui manger ses oreilles, son nez, sa langue et ses dents. Et oui, à l’époque on ne déconnait pas dans les contes pour enfants !

Fort heureusement cette histoire a fait son chemin et elle ne ressemble plus du tout à celle que nous racontons maintenant à nos enfants. Il est assez difficile de savoir quand s’est démocratisée cette mode de l’échange de la pièce contre la dent de lait, en revanche, tout laisse à croire que le conte d’Esther Watkins Arnold publié en 1927 “Tooth Fairy” traduisible par fée des dents, y est pour beaucoup.

Fée pour les anglo-saxons, petite souris pour les francophones, il existe autant de petite créature que de culture et de superstition dans le monde pour rassurer les enfants durant cette étape impressionnante pour eux de leur dentition. Bien entendu, à l’instar de Coca Cola et de son père Noël aux mêmes couleurs rouge et blanc, à partir des années 50, des industriels se sont emparés de ces traditions pour mieux vendre leur brosses à dents et autres dentifrices pour enfants.

Cette malicieuse machination aurait pu mettre en lumière un autre animal qu’une souris mais les croyances populaires d’anciennes époques voulaient que si un animal mangeait une dent de lait, alors la dent définitive de l’enfant prendrait les propriétés de la dent de ce même animal. Avec ses petites dents bien blanches et affûtées, la souris était le meilleur choix.